skip to main | skip to sidebar

Stéphane Hazée

    La Belgique a besoin de + d'écologie et du sens du dialogue !


(Im)pertinences

8 juin 2010

Le maillon faible de l’union de la Belgique

Ainsi le sénateur Delperée, tête de liste CDH au Sénat, a-t-il cru bon d’affirmer ce vendredi que les enjeux institutionnels n’étaient pas la tasse de thé des écologistes, et d’ajouter ce lundi qu’Ecolo est le maillon faible francophone.

Au-delà de la condescendance dont le baron Delperée peut difficilement se départir, il faut vraiment, à une semaine des élections, entendre tout et n’importe quoi.

1. Faut-il rappeler que c’est son parti, le PSC, qui a négocié la loi spéciale de financement en 1988. Il faut dire qu’à l’époque, Gérard Deprez et ses complices étaient particulièrement fiers de leur oeuvre et sans doute Monsieur Delperée s’est-il arrêté à ce souvenir. Cette loi a pourtant mis sur la paille la Communauté française pendant 15 ans et a abouti au licenciement de milliers d’enseignants et autres métiers du coeur par les Gouvernements PS-CDH dans les années nonante, à des restrictions sans limite et au sacrifice de plusieurs générations d’élèves et d’étudiants. Au-delà, leur aveuglement a durablement affaibli la position des francophones et il a d’ailleurs fallu aux écologistes participer à deux réformes de l’Etat, du reste beaucoup plus équilibrées, pour réparer ce qui restera sans doute la plus grande faute politique de la politique contemporaine dans notre pays. Qui est le maillon faible ?

2. La capacité de dialogue entretenue depuis 30 ans entre Ecolo et Groen agasse manifestement le parti humaniste. Il faut dire qu’elle tranche assez nettement avec les missiles que s’envoient - encore récemment - les représentants centristes du Nord et du Sud du pays. Il faut dire aussi qu’elle apparaît plus crédible, en terme de capacité à vraiment donner un avenir à ce pays.

3. Depuis quelques années, le CDH a fait le choix de construire un fonds de commerce électoral autour d’une politique de refus par rapport au Nord du pays. Il y a trois ans, la Déclaration de révision de la Constitution était par exemple présentée par ce parti comme l’antichambre de la fin du pays (qui s’est depuis lors majoritairement rallié à l’analyse des autres formations sur ce terrain).

Cette attitude confondant fermeté et fermeture a naturellement radicalisé une partie de la population flamande et nourri le développement des forces confédéralistes et nationalistes. Qui est le maillon faible ?

Monsieur Delperée compte-t-il vraiment que les francophones fassent la Belgique tout seuls ? L’union fait la force, d’accord, mais l’union avec qui ?


23 mai 2010

Les meilleurs ennemis

Vous aurez peut-être vu cette semaine ce face à face télévisé entre les présidents du PS et du MR. Face à face ou plutôt côte à côte, tant les deux présidents rivalisaient d’amabilités et ont fart du faible écart qui séparait leurs analyses et leurs projets.

Mais, finalement, cela fait quand même 10 ans qu’ils sont ensemble, ces deux-là. Prétendus antagonistes mais surtout meilleurs ennemis, PS et MR se sont en fait très bien entendus pendant ces 10 années où ils ont gouverné ensemble. 10 ans ! Cela finit, à force, par vous faire naître une complicité. Rouge-bleu. Bleu rouge. Ou sans doute déjà - et encore - violet.

Il y a les lois qu’ils ont votées, ensemble, comme par exemple les intérêts notionnels, sans aucun lien à l’emploi ou au développement durable. Ou le plan de chasse aux chômeurs.

Il y a aussi les lois qu’ils ont refusé de voter, ensemble, comme la mise en oeuvre des 108 recommandations de la commission d’enquête ‘fraude fiscale’ ou notre proposition de relèvement des minima sociaux au seuil de pauvreté.

Tout cela nous a coûté très cher. Tout cela ne nous a pas menés fort loin. Comme un air de gâchis. Ce qui est vraiment inquiétant, c'est qu’ils ont visiblement décidé de remettre ça !


24 avril 2009

L’argent des autres

On ne dit pas assez combien, en cette fin de législature, le Gouvernement wallon investit pour l’avenir. Entendez, pour son avenir à lui.

Il y a d’abord les cadeaux préélectoraux.

Les prévisions budgétaires s’assombrissent, l’économie ralentit, l’austérité s’annonce rude, sans compter les velléités de certains partis flamands de revoir la loi de financement pour diminuer les transferts vers la Wallonie ? Qu’importe ! Le Gouvernement diminue la redevance TV pour tout le monde et accorde des primes importantes à tout candidat bâtisseur (prêt tremplin).

Diminuer la redevance TV pour renforcer le pouvoir d’achat ? Sans doute pas. Sinon, le Gouvernement aurait logiquement cibler son action vers les bas et moyens revenus.

Accorder des primes pour soutenir les ménages qui, sans elles, reporteraient leur projet de construction, et développer les logements faibles en émission CO2 ? Evidemment que non. Si tel était le cas, le Gouvernement aurait fixé des critères de revenus, d’énergie et de localisation.

En réalité, il s’agit de pouvoir distribuer des cadeaux à un maximum de monde, et tant pis si cela aide surtout ceux qui n’en ont pas besoin ou si cela conduit surtout à des effets d’aubaine. Le but n’est pas que l’argent soit bien dépensé...

Il y a ensuite ses coûteuses campagnes de communication. A quoi servirait-il de donner des cadeaux, si personne ne le sait. Il faut donc aussi le faire savoir.

C’est comme le Plan Marshall. Comment la population pourrait-elle penser que le Plan Marshall a des effets considérables pour elle, si le Gouvernement ne lui dit pas ?

6 millions €, rien que pour la communication de ces derniers mois.

Il y a encore ces emplois de direction dans la fonction publique ou les sociétés publiques, pour récompenser les fidèles collaborateurs.

Les rémunérations sont à l’avenant et généralement garantie jusqu’à 65 ans.

Heureusement, des économies ont été faites sur les frais de recrutement : pas d’appel à candidature, pas de procédure d’objectivation des compétences, pas de jury.

Il y a enfin ces vacances parlementaires. Tout a été dit, ou presque, sur le voyage d’agrément mené par 7 parlementaires wallons PS, CDH et MR en Californie (5 futurs ex et 2 candidats). Douze jours, 80 000 € et, en écho de l’écoeurement dans la population, un bruissement crescendo dans les partis traditionnels. Il resterait donc des parvenus en Wallonie ? Non, quand même. Ou alors des cas isolés, pour sûr.

Et puis ce détail, qui n’en est donc pas vraiment un : alors que les épouses voyagent en classe économique, les parlementaires volent en classe affaires. Il faut dire qu’ils ne pensaient pas payer leur ticket, eux. Avec l’argent des autres, c’est tout de même plus facile.


15 avril 2009

La gueule de bois nationaliste

Le 7 juin prochain, à côté des résultats électoraux en Wallonie et à Bruxelles* et de leur impact sur notre société pour les années à venir, nous devrons aussi - et à nouveau - tenir particulièrement à l’oeil l’évolution politique au Nord du pays, tant celle-ci pourrait également avoir d’impact sur notre destinée collective.

En première lecture, nous pourrons sans doute nous réjouir de la déroute électorale du Vlaams Belang, annoncé par plusieurs sondages entre 15 et 16 %. Celle-ci sera en réalité une confirmation plus qu’un scoop, puisque cette chute a débuté lors des élections fédérales du 10 juin 2007 (19,0 %). Elle a toutefois été masquée alors par la comparaison avec le scrutin fédéral de 2003. Elle n’en sera dès lors que plus lourde, puisque le terme de référence sera cette fois le scrutin régional de 2004, soit le score historique de 24,2 % pour les fascistes flamands.

Il ne faudra pas croire que ce sera pour autant la fête de la démocratie. Même à 15 %, l’extrême droite flamande conserverait un niveau très élevé en comparaison avec nos partenaires européens, et substantiellement plus haut que le score qu’elle avait atteint lors du premier dimanche noir. C’était le 24 novembre 1991. Il y a presque 20 ans.

Il faudra surtout observer les mouvements collatéraux, et singulièrement l’évolution des forces nationalistes et les effets qui en découleront sur la situation politique de la Flandre elle-même. La lente progression du projet nationaliste au sein des institutions s’était accélérée en 2007 avec l’émergence de la LDD populiste et nationaliste et l’hypertrophie de la NVA au sein du cartel avec le CD&V. Il semble que nous ne soyons pas au bout de cette montée en puissance.

En tout cas si nous donnons foi au dernier baromètre publié par La Libre en date du 30 mars dernier (http://www.lalibre.be/dossier.phtml?id=10&folder_id=579), les formations qui portent explicitement l’indépendance de la Flandre réuniraient ainsi près de 40 % des suffrages (LDD 16,6 % ; Vlaams Belang 15,3 % ; NVA 6,5 %) ! Et ce ne sont pas les abus et gaspillages de certains mandataires wallons (voyages parlementaires, pistons et prébendes, nominations politiques, ...) qui vont arranger l’affaire, quand nous savons combien ils détériorent l’image de la Wallonie, illustrent l’idée de la malgouvernance caractérisée et alimentent, par voie de conséquence, le séparatisme.

Sur la base du même sondage, les trois partis traditionnels - associés actuellement au sein du Gouvernement flamand - ne rassembleraient plus qu’une courte majorité de 50 % des voix ! Dans ce contexte, il n’est pas certain qu’ils puissent continuer à gouverner et il est probable que le Gouvernement flamand doive s’ouvrir à la NVA ou à la LDD... Nous imaginons à quelle dialectique Nord / Sud une telle alchimie peut conduire, ceci sans compter les courants nationalistes présents de façon larvée ou non au sein des autres formations.

Il est toujours possible de faire mentir les sondages. Groen, dans son positionnement original orienté vers les vrais enjeux sociaux, économiques et environnementaux, vers l’ouverture et vers le dialogue avec les francophones (et le travail commun avec Ecolo), a aussi une carte à jouer et porte naturellement nos espoirs.

Il reste que ceux qui cherchent à rapprocher plutôt qu’à diviser auront sans doute la tâche encore plus ardue demain qu’hier.

La solidarité entre les personnes sera sans doute à nouveau interrogée, voire mise en difficulté.

Ce pays aura sans doute à nouveau mal à l’âme ce 7 juin prochain.

Loin d’une ivresse démocratique, cela risque davantage d’être la gueule de bois nationaliste qui nous attende.

*

Il ne faudrait pas oublier, du reste, la fragilité des institutions bruxelloises. Même si ce n’est heureusement pas le scénario le plus probable, un blocage institutionnel reste en effet possible, dans l’hypothèse où le Vlaams Belang et, cette fois, la LDD réuniraient une majorité des élus dans le groupe flamand, et alors qu’il suffit que quelques milliers de voix passent d’un collège linguistique à l’autre pour anéantir l’équilibre.


5 avril 2009

Leurre de l’enseignement pour le CDH

Depuis plusieurs semaines, la présidente du CDH, vice-première ministre fédérale et ministre de l’emploi, indique chaque fois qu’elle le peut, à tout qui veut l’entendre, que l’heure est venue pour le CDH, avec la prochaine législature, de gérer à nouveau l’enseignement obligatoire, qu’il n’a plus géré depuis près de 20 ans.

Il ne faut évidemment pas tomber dans le panneau. Contrairement aux apparences, cette proposition ne porte en rien sur l’enjeu de la répartition des responsabilités au sein du prochain Gouvernement. Que nenni ! Ce discours vise un seul but : faire oublier le fiasco des décrets sur les inscriptions scolaires (files et loterie) ; oblitérer la responsabilité du CDH dans le vote de ces deux décrets qui n’ont en rien fait progresser la mixité ; faire penser, de façon subliminale, que le seul PS était à la manoeuvre.

Il ne faudrait pas non plus perdre la mémoire. Le dernier ministre social-chrétien de l’enseignement obligatoire fut Jean-Pierre Grafé, entre 1988 et 1991, en tandem avec Yvan Ylieff. 6 semaines de grève de l’enseignement en mai et juin 1990 et rebelote à l’automne 1990, avant que les présidents du PS et du PSC remettent tout le monde dans les classes en s’engageant publiquement à refinancer la Communauté française et à revoir la loi spéciale de financement que les mêmes partis avaient très mal négociée en 1989. Ce qu’ils ne feront évidemment pas.

lundi 10 mai 2010

 

Article plus récent Article plus ancien Accueil

Stéphane Hazée

Militant d’ECOLO depuis plus de 15 ans, porteur des combats pour une Terre + verte et un monde + juste, travailleur de l’ombre, j’ai souhaité prolonger mon engagement et battre la campagne. Impossible de rester spectateur face à l'injustice, face au gaspillage de ressources, face à la malgouvernance.

Au départ expert dans les thématiques du service public et des enjeux institutionnels, j'ai coordonné depuis 2004 la politique wallonne d’ECOLO comme secrétaire politique au Parlement wallon.

Depuis 2007, j’exerce la fonction de chef de cabinet des co-présidents d’ECOLO, Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant au départ, Sarah Turine à présent.

35 ans, Liégeois d’origine mais devenu Namurois après la rencontre de mon amoureuse, dont je partage la vie, avec ses trois enfants, dont un petit bonheur né de nous deux en août 2008.

Candidat en 1ère ligne aux élections régionales de 2009, je remonte sur le pont en soutien de la liste Sénat pour ces élections 2010 et j’avais envie, via ce blog, de rester en contact avec vous et de partager quelques actions, analyses (im)pertinentes de l’actualité, coups de cœur / coups de gueule, et bribes de la vie. Les élections passent mais l'envie demeure.

Ce blog est aussi une invitation au débat.

Contact

Toute question ou tout avis bienvenu sur
stephane.hazee@ecolo.be !

A retenir

  • Site d'ECOLO
  • Du fleuve à la citadelle
  • Bouillon de culture
  • ECOLO à Namur
  • Pour réfléchir à demain
  • Agir pour le climat
  • Pour voir où nous allons

A vous de voir

  • Baptiste et consorts
  • Emily Hoyos, présidente du Parlement wallon
  • Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo de Namur
  • Sarah Turine, nouvelle co-présidente d'Ecolo

Archives

  • ► 2014 (1)
    • ► mai (1)
  • ▼ 2010 (6)
    • ► juin (2)
    • ▼ mai (3)
      • Vers une nouvelle prospérité, mieux partagée
      • Au nom du père … et de la mère
      • Sans titre
    • ► avril (1)
  • ► 2009 (18)
    • ► juin (2)
    • ► mai (5)
    • ► avril (3)
    • ► mars (6)
    • ► février (2)